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Au début de l’année 1982, la situation politique de la junte au pouvoir en Argentine était très critique. Le pays était empêtré dans une crise économique avec des problèmes de chômage et une contestation populaire de plus en plus marquée contre le pouvoir. Les dirigeants argentins ont alors eut l’idée de ressortir une très ancienne querelle concernant la souveraineté des Malouines. La junte a ensuite ordonné aux forces armées d’élaborer à la hâte un plan d’invasion. L’aviation maintenait un standard de préparation relativement élevé et ses pilotes étaient régulièrement entraînés par les Israéliens mais les autres services n’étaient pas du tout préparés à répondre aux ordres du gouvernement. De plus un bon nombre d’officiers n’étaient pas vraiment convaincus par ce projet d’invasion. La junte pensait qu’il y avait peu de chance que les Britanniques se lancent dans une opération militaire d’envergure pour reconquérir les Malouines. Et selon un point de vue de politique internationale, elle comptait sur le support des états d’Amérique du sud et surtout sur la neutralité des Etats-Unis. Bien que cette analyse se soit montrée complètement fausse, elle n’était pas dénuée de fondement.

Le 2 avril 1982 une force d’invasion argentine débarque aux Malouines. Après quelques heures de combat, et une farouche résistance autour de la résidence du gouverneur, Rex Hunt ordonne au détachement de Royal Marines de déposer les armes. Le lendemain les Argentins prendront également la Géorgie du sud.

Avant même le débarquement des premières troupes argentines, le gouvernement britannique avait été averti, par ses services secrets, d'une invasion imminente des Malouines et avait pris, sous la direction de Madame Thatcher, la décision d'intervenir immédiatement en déroutant des sous-marins. Selon certaines sources les premiers sous-marins nucléaires ont été déroutés le 30 mars déjà. Une force expéditionnaire est rapidement constituée et le 5 avril les premiers bâtiments de la Task Force quittent Portsmouth et Gibraltar pour l’Atlantique Sud. Les Britanniques instaurent au même moment une zone d’exclusion de 200 milles marins autour des Malouines.

Sur place, environ 10’000 Argentins prennent position principalement autour de Stanley et de son aéroport, deux autres garnisons importantes seront situées à Goose Green et à Port Howard.

Du coté diplomatique la Grande-Bretagne s’emploie, activement et avec succès, à obtenir le soutient de la communauté internationale, en parallèle une mission de conciliation est menée par les Américains. Le dispositif britannique est mis en place sans tenir compte de la possibilité de réussite des négociations en cours. L’île de l’Ascension est utilisée comme base logistique, son aéroport devient pour quelques jours le plus actif du monde. C’est la seule base utilisable par les Anglais sur le chemin des Malouines, elle se trouve à 6’000 km de la zone des opérations.

Dans l’archipel le vie s’organise, les habitants vivent dans la plus grande indifférence par rapport aux occupants argentins. Le changement le plus notable est la conduite à droite. Certaines maisons ont aussi été réquisitionnées pour loger des officiers. Selon les témoignages, les Argentins n’ont pas exercé une très grande pression sur les habitants, du moins pas avant le commencement des opérations militaires britanniques. Quelques fouilles musclées ont étés réalisées par la police secrète à fin d’intimidation. Les conditions de vie des soldats argentins étaient particulièrement difficiles, la plupart vivaient sous tente ou dans des abris de fortune creusés à même le sol. Ils étaient aussi très mal nourris. On peut voir au musée de Stanley plusieurs lettres de soldats demandant de la nourriture aux habitants. Il y aura aussi quelques vols et quelques maisons pillées par des soldats à la recherche de nourriture. Les stocks des magasins étaient heureusement suffisants, cependant cette situation se serait rapidement détériorée si le conflit avait duré plus longtemps. Stanley a été occupé pendant 72 jours.

Le 25 avril un commando britannique reprend la Géorgie du sud sans combattre, cette action marque le début des hostilités. 5 jours plus tard la Task Force prend position dans la zone des opérations et le 2 mai le sous-marin nucléaire Conqueror attaque le croiseur argentin Belgrano en dehors de la zone d’exclusion totale. Le bâtiment coule rapidement en emportant avec lui 368 marins, cette nouvelle fait prendre conscience à l’opinion publique qu’une guerre de grande envergure a commencé dans l’Atlantique Sud. Peu après, l’aviation argentine coule le Sheffield au large de l’île de Sealion. Un monument à la mémoire des marins disparus ce jour-là a été érigé sur cette petit île. Dans la période suivante, les accrochages vont principalement se dérouler dans les airs. Les Britanniques attaquent l’aéroport de Stanley à plusieurs reprises et détruisent de nombreuses cibles au sol.

Durant la période qui précède le débarquement des troupes britanniques, plusieurs missions de conciliation sont tentées par les Nations-Unies ainsi que par plusieurs Etats d’Amérique du sud. Le 18 mai les dernières propositions de paix du Secrétaire Général des Nations-Unies, Perez de Cuellard, sont rejetées par les Anglais. L’ordre formel concernant le débarquement des troupes est transmis au commandant de la Task Force.

Le 21 mai à 2h00, les commandos de marines britanniques 40 et 45 débarquent à San Carlos. Quelques heures plus tard, les parachutistes occupent Port San Carlos. Les Argentins n’opposent aucune résistance et le débarquement de la tête de pont continue. Vers neuf heures du matin les premières vagues d’attaques de l’aviation argentine arrivent, elles vont s’en prendre pendant toute la journée à la flotte qui est complètement à découvert dans les eaux de San Carlos. Durant les trois jours suivants, ce ne seront pas moins de huit bâtiments anglais qui vont être gravement endommagés ou coulés. A ce stade de l’engagement, seule l’aviation argentine oppose une résistance par des attaques constantes, principalement dirigées contre la flotte et les navires de ravitaillement. Après une phase de débarquement et de consolidation de la tête de pont, les forces britanniques ont été séparées en deux: une partie vers le sud en direction de Goose Green et de Darwin, l’autre à l’est vers Stanley. Suite à la perte du cargo Atlantic Conveyor et de pratiquement tous les hélicoptères de transport, les hommes se préparent à une marche d’environ 100 km qui mènera la majorité des troupes près de Stanley. Malgré des charges de plus de 35 kg aucun des 5’000 hommes engagé ne sera porté manquant suite au pénible déplacement, encore une preuve de l’excellente préparation des forces britanniques.

Goose Green sera le théâtre du plus difficile affrontement de la guerre. Ce “settlement” est de loin le plus peuplé des îles après Stanley et regroupe plus de 100 habitants. Le commandant des forces argentines dispose de plus de 1’500 hommes pour sa défense. Le 2e bataillon du “Parachute Regiment” commandé par le Lieutenant Colonel Jones compte à peine 500 hommes, un rapport de 1 contre 3, ce qui est en contradiction avec toutes les règles enseignées par les écoles militaires ( l’assaillant devrait avoir une supériorité numérique de 3 contre 1). De plus les Anglais accumulent les désavantages, ils ont parcouru les 30 km qui les séparent de leur lieu de débarquement à pied, principalement de nuit. Pire encore, la BBC annonce publiquement que les parachutistes sont en route pour Goose Green, annulant tous effets de surprise. Le terrain lui aussi est défavorable, les Argentins occupent des positions au sommet des collines, surplombant un terrain complètement découvert. Ignorant toutes les difficultés, les Britanniques engagent la bataille à 2h30 le 28 mai, celle-ci durera jusqu’à la nuit suivante. Vers 14h00, le 29 mai, les Argentins accepteront finalement les termes de la reddition, permettant aux soldats anglais de libérer les 112 civils et de faire plus de 1’400 prisonniers visiblement surpris du petits nombre de para qui les ont attaqués. Sur le champ de bataille 15 britanniques, dont le commandant de bataillon, le Lieutenant Colonel H. Jones (décoré de la Victoria Cross) et 45 jeunes soldats argentins ont laissé leur vie sans compter un grand nombre de blessés.

Pour le visiteur actuel, il est presque impossible de réaliser qu’une bataille s’est déroulée dans ces lieux. Il est difficile de comprendre comment des hommes ont pu faire tant de chemin pour venir se battre et mourir dans un endroit si calme et pour un enjeu qui semble si dérisoire. Ce sentiment est encore plus fort, quand en visitant les 231 tombes du cimetière argentin tout proche de Darwin, on réalise le jeune âge des soldats ensevelis: entre 18 et 25 ans.

Après la prise de Goose Green, les Britanniques se dirigent vers Stanley, à part quelques accrochages notamment avec l’aviation, ils ne rencontrent pas de grande résistance. L’essentiel des troupes argentines, environ 10’000 hommes, est concentré vers Stanley.

Le 8 juin lors d’opération de débarquement à Fitzroy, deux bâtiments anglais sont attaqués par les avions argentins. Cette attaque fera 50 morts et 60 blessés graves, elle représente sans doute le jour le plus noir pour les Britanniques.

L’ensemble des forces britanniques se prépare maintenant pour la bataille finale. Près de 5’000 hommes font face aux 10’000 Argentins occupant les positions fortifiées près de Stanley. Entre le 11 et le 13 juin une série de batailles pour les collines surplombant Stanley se déroulent successivement, les Britanniques au terme de violents affrontements et d’une résistance étonnamment farouche des Argentins, prennent les Monts Longdon, Harriet et Two Sisters pour finir par Thumbledown Mountain et le Mont William. Le 13 au soir Stanley est complètement encerclé. Durant cet épisode, une habitation est touchée par un tir d’artillerie britannique tuant les trois seules victimes civiles du conflit.

Le 14 juin, le Major Général Jeremy Moore, commandant des forces terrestres britanniques, signe avec le Général Mendes le document de reddition de toutes les forces argentines des Malouines, la seule concession accordée à Mendes sera de tracer le mot inconditionnel devant reddition. Avec cette signature s’achève un des conflits les plus courts et intenses de l’époque contemporaine.

Le 20 juin, à peine 6 jours après la reddition, la majorité des prisonniers argentins est rapatriée par les paquebots Norland et Canberra. Deux jours plus tard le gros des forces britanniques prend le chemin du retour sur les mêmes navires.

Ce conflit aura surtout des conséquences politiques en Argentine. Il sera aussi la base et la référence de toute la politique de défense britannique pour les prochaines décennies.

Texte: © M.Chabod




   
       
         
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